Le lieu sera agréable à vivre, à l'abri des regards, sous l'ombrage de jeunes frênes, face à la jolie colline de Saint-Chamand, avec en fond le bruit du Cassoubiès, notre petit ruisseau et, jusqu'à fin juin, le chant des grenouilles qui fraient dans un petit étang. Capacité d'accueil : de deux à quatre personnes. Nous nous orientons vers une ossature bois, remplissage paille, enduit sable-chaux, toiture légère, toilettes sèches. Les travaux ont commencé : un chantier viril, entrepris seul et à mains nues, mais efficace !
Le choix d'une écologie économique l'a emporté: les murs du gîte seront en paille, mais une paille garantie, soyez rassurés, contre le souffle même violent du loup échappé du fameux conte médiéval rendu célèbre par Walt Disney. C'est une paille bio, achetée à un éleveur de vaches de la région qui cultive un peu de céréales, transportée à dos de camion et descendue jusqu'à la terrasse de la construction. Je la glisse entre les montants, sur une épaisseur de 17 cm, et je la confine en passant un fil de fer aller-retour entre les deux surfaces grillagées que j'ai préalablement agrafées le long des montants. Avec du simple grillage à poules, triple torsion, auquel le revêtement s'accroche bien: un mélange de sable, de chaux hydraulique et d'eau. Nous aurions pu choisir l'option terre-paille mais j'ai renoncé. D'une part notre terre n'est pas argileuse, d'autre part je préfère un enduit perspirant qui ne laisse pas passer l'eau. Car il suffit d'une goutte d'eau sur la paille pour marquer le début de sa décomposition. Les quelques bottes qui ont subi une petite pluie iront ainsi couvrir les rangs de fraisiers pour l'hiver.
La face ouest commence à prendre forme. C'est en effet plus joli que le seul assemblage de planches.
Petit à petit, le (gros) oiseau fait son nid. D'ailleurs, en parlant d'oiseau, de temps à autre j'entends un pic-vert frapper le tronc d'un frêne tandis que le rouge-gorge qui pépie m'épie et que les mésanges font leur retour près de la maison en quête de graines domestiques...
Le parquet de pin massif est posé, on travaille désormais sur les ouvertures. Il n'y aura pas de double vitrage comme le voudrait l'écologie pratique mais plutôt des fenêtres en fer, issues d'ateliers industriels, récupérées, recoupées, toilettées et repeintes. L'idée est d'allier le recyclage des matériaux au projet. Et puis, entre nous, deux vantaux pleins en double vitrage, tels qu'on en voit à toutes les fenêtres d'aujourd'hui, c'est un peu monotone à la fin, non ?
Les travaux reprennent enfin, après un été encore chronophage passé sur nos terrasses. Là, nous posons de la paille entre les solives que saupoudrons ensuite de chaux aérienne pour dissuader les acariens et autres petits rongeurs de s'aventurer par là.
La toiture est posée, à base de plaques de fibro-ciment garanties sans amiante évidemment. C'est le meilleur compromis coût-énergies grises qu'on ait trouvé. Elle sera embellie par la pose de bois en bordure et, à terme, d'une légère couche de terre végétale en partie supérieure.
Le 25 mars
Les réseaux sont enfouis, l'électricité est arrivée, les trois tonnes bois ont été descendues sur la terrasse concernée, des plots de béton et de pierre ont été édifiés. On peut commencer le jeu de Lego de l'ossature bois.
Le terrain nu, tout juste défriché, est un des traversiers (faïsses ou bancels) de l'exploitation. En lisière, nous avons laissé de jeunes frênes pour garantir tranquillité et fraîcheur en été.