Au jour le jour

Dans cette rubrique, on souhaite vous faire voir ce qui fait l'actualité de latisanebio.com.

Un récit en images des séquences qui illustrent de beaux moments et le savoir-faire qu'on développe peu à peu, toujours dans cette volonté d'artisanat simple et rigoureux, en lien avec un environnement plein de richesses.

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Coup de projecteur dans le magazine Vent Sud

Merci à Guillaume Mollaret, journaliste de talent basé à Nîmes, et Edouard Hannoteaux, excellent photographe de magazine, passés nous voir pour parler du (beau et dur !) métier de producteur de plantes dans les basses Cévennes. Sorti en kiosque il y a quelques semaines, le magazine Vent Sud auquel ils collaborent est dédié à l'art de vivre en Languedoc-Roussillon et Provence. Ces trois pages pleines de sincérité, on voulait vous en faire profiter.

 

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31 janvier : un petit manteau blanc recouvre le vallon

Pose obligatoire ! Les terrasses de Bonnaude se recouvrent peu à peu d'un petit manteau neigeux, qui ne devrait pas tenir longtemps si on en croit la météo. Les enfants sont à la fête et les parents, au repos ! Enfin presque, car il y a toujours à faire dans une petite ferme comme celle-là.

29 décembre : une toiture végétale prend ses quartiers au gîte

Pendant le repos végétal... on fait des toitures végétales. Finalement on ne quitte  pas notre monde de "petits producteurs" et le travail de la terre reste un fil rouge difficile à couper. Remarquez, ça nous va plutôt bien comme ça. La réalisation du gîte avance en effet pas à pas. Cette semaine, on a recouvert le toit d'une légère couche de terre, celle-là-même qu'on avait excavée au printemps dernier lors de la construction des petits pilotis qui soutiennent l'ossature bois du logement.

Pour connaître les détails techniques de cette étape cruciale de la construction du gîte, rendez-vous sur notre blog où d'autres photos sont mises en ligne.

20 octobre : le temps des confitures d'arbouses... et des étiquettes

Un travail de fourmi et d'arrière-saison.

Revoici les petites mains de Bonnaude, toujours à l'oeuvre, artisanales et expertes dans l'art d'éviter toute dépendance à la mécanisation. Nous venons de récolter des fruits sauvages d'automne, les arbouses. C'est un arbre de garrigue et, en Corse, de maquis, petit, d'un bois dur, qui fait rougir avant les premières gelées des fruits ronds et charnus, à la surface rugueuse. C'est un fruit typique du sud, sous-estimé en France mais utilisé dans les gâteaux en Espagne et consommé régulièrement au Maroc. Nous en faisons des confitures au goût unique. Celles sont très fruitées, riche en vitamine C dit-on, et pas de soucis pour ceux qui redoutent les grians du fruit, relativement craquants sous la dent : nous passons le mélange au chinois pour ne retenir que la pulpe du fruit. Très riche en pectine, l'arbouse peut aussi se préparer sous forme de pâte comme la pâte de coing.

L'étiquetage est pour nous un moment de concentration un rien laborieuse : génération d'étiquettes sur l'imprimante laser après préparation du dessin sur photoshop -eh oui, un paysan ne fait pas que courber l'échine!-, découpage au ciseau et collage manuel. Tu parles d'un travail! ET pour répondre à votre question qui semble surgir à la lecture de ce passage, oui, nous pensons fortement à nous rapprocher un jour d'un imprimeur pour nous libérer sur le reste des tâches.

 

 

On cueille ce fruit charnu et rugueux dans la nature, autour de Monoblet. Si on vivait en Corse, on en trouverait à perte de vue sur certains massifs granitiques. Cette année chez nous, les fruits ont été rares, à cause de la fin d'été extrêmement sec. Mais la qualité, comme on le dit en pareil cas lors des vendanges, est au rendez-vous !

1er octobre : c'est encore loin les Cévennes ?

On ne résiste pas à la proposition de vous faire voir un peu de ce paysage fabuleux qui a entre autres l'heur de nous accueillir. Cette vue, prise fin juillet en remontant de la plaine, indique le commencement de la chaîne du Massif central, laquelle démarre par les Cévennes de ce côté-ci. Nous n'habitons pas très loin de ce champ de vigne parmi les derniers avant la montée en relief. Au quatrième plan, sur la gauche, on aperçoit deux collines qu'on nomme les Jumelles de Monoblet (cliquez pour agrandir). Pour les atteindre, il reste encore quelque 25 km à parcourir. A ma gauche, il s'agit de Rouquette, à ma droite de Saint-Chamand. Notre petite propriété se trouve juste derrière celle-là, dont l'imposante silhouette (ci-dessous) nous interdit d'apercevoir sa sœur. Du printemps à l'automne, le soleil passe bien au-dessus. Mais l'hiver, un ombrage redoutable nous prive d'une bonne partie de rayons bienfaisants. Sans doute le prix à payer pour vivre dans un vallon doré près de dix mois par an...

 

 

 

 

 

 

 

Une vue de l'autre côté des Jumelles de Monoblet, où se situe notre petit domaine.

16 septembre : quoi de neuf à manger ?

Au menu de la cueillette de ce jour, voyons voir, qu'y-a-t-il de bon ? Des figues, oui, deux variétés bien distinctes : la grise de saint-jean (à gauche, un peu violette en fait), très locale, très parfumée, et une autre, moins connue, qui reste vert clair en dehors, ce qui ne nous aide pas à choisir le moment le plus opportun pour la cueillir, mais présente une chair intérieure d'un rouge vermillon soutenu. En confiture, cette variété Nefiach ressemble à s'y méprendre à une confiture de fraises.

Dans le panier au-dessus, on peut voir des petites branches de rhubarbe... Hummm, la vingtaine de pieds que nous avons plantés commence à produire, deux coupes par an environ. On ne vous dit pas le régal des confitures qui font la joie de nos tartines matinales. L'an prochain, si tout va bien, et si la division des pieds est couronnée de succès, promis, on mettra en ligne quelques confitures de ce type.

Maintenant, on passe aux petits fruits rouges, à droite de la photo. Il s'agit de cynorhodons, ces baies de rosiers sauvages qui poussent sur les dernières garrigues. On appelle leur fruit l'églantine, qu'on surnomme aussi prosaïquement "gratte-cul", sans doute à cause du pouvoir urticant des poils qui enveloppent la pulpe du fruit. Là aussi, destination confiture par ailleurs riche en vitamine C... mais seulement après un travail patient, voire fastidieux, de tri et de passage au chinois après cuisson.

Pour finir, à côté des rhubarbes, on entrevoit quelques pêches de vigne. Mûres au moment des vendanges, rustiques mais juteuses, ces fruits faciles à cultiver et à entretenir donnent autant de desserts fruités que de confitures délicates. L'été 2011 à Bonnaude a sans nul doute été plus riche en fruits que les autres années, qui s'en plaindra ?

17 août : un petit tour au séchoir

Depuis qu'on a modifié la position du séchoir, hier confiné dans une cave déshumidifiée, aujourd'hui au grenier spécialement aménagé, les plantes sèchent plus vite et bénéficient de plus d'espace. C'est que la production de notre petite entreprise augmente ! Fleurs de souci, de mauves, de camomille ont fini leur cycle de séchage, viennent d'arriver les feuilles de verveine et les fleurs de bruyère. L'été est la saison du turn-over sur la quarantaine de claies.

La bruyère fait son entrée

Mardi, nous avons senti l'appel de la bruyère du parc national des Cévennes. Plus précoce que l'année dernière (comme le reste de la végétation, il y a de trois à quatre semaines d'avance), arrosée d'un de ces épisodes cévenols trois jours avant notre passage, elle était généreuse et en pleine forme, assaillie d'abeilles que de nombreux éleveurs disséminent par là. Bonne pour l'entretien du système urinaire, aussi bien pour les dames que les messieurs, la bruyère pousse en sol acide (schiste et granite), ce qui oblige à une matinée de cueillette un peu lointaine. Lointaine mais salutaire !

20 juin : que de soucis...

Certains accumulent les soucis, nous, nous prenons un malin plaisir à les récolter. Ainsi tous les matins avant midi, il faut aller cueillir les produits de notre flore cultivée et / ou spontanée. Le souci, calendula officinalis de son nom latin, est une petite merveille. En pommade, c'est un bon cicatrisant doublé d'un anti-inflammatoire puissant. En tisane, on l'emploie d'abord pour apporter une touche de soleil à nos gammes. Le souci devrait ainsi faire son entrée dans un de nos mélanges Quatre saisons.

 

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...et de plaisirs aussi

Quelques étages plus bas, sous de vénérables cerisiers, pousse la camomille romaine. L'étrange fleur au goût amer qui surmonte la tige frêle de cette plante qui se mulltiplie toute seule est connue pour soulager les spasmes, calmer et endormir les bébés... comme les papas stressés. La camomille est productive mais ses fleurs sont de vrais poids plume. Chaque jour, il faut donc venir couper les têtes entre deux doigts, patiemment, et remplir tout doucement une claie du séchoir.

9 juin : la grande ortie, qui s'y frotte...

La matinée fut comment dire... piquante. Réputée pour ses vertus multiples, la grande ortie est une des plantes fétiches de latisanebio.com. Avec elle, outre les potages du soir que même les enfants affectionnent, outre les purins qui, riches en azote, dynamisent les cultures, c'est une véritable petite boîte à pharmacie qui entre dans la maison. Son pouvoir urticant avéré, dû à la concentration en silice (imaginez des mini-bouts de verre qui vous cisaillent la peau) et à l'acide formique emprunté à celui... des fourmis, a longtemps relégué cette vivace au statut de brave sorcière infréquentable. C'est un tort. Nettoyant digestif, bonne pour la circulation sanguine, l'ortie est aussi antirhumatismale. Elle se cueille lorsque les premières graines s'accrochent en grappes autour des tiges, soit en Cévennes jusqu'à la mi-juin. On peut la cueillir avant mais c'est encore mieux d'attendre. Sur ces photos, prises entre Lasalle et Sainte-Croix-de-Caderle, dans les Cévennes sud, Emmanuelle ne prend même pas de gants pour couper les tiges. "C'est étrange mais le feu que procure la plante à son toucher me fait du bien aux articulations des doigts !", confie la (téméraire) cueilleuse professionnelle. Ne dit-on pas d'ailleurs que pour régénérer un convalescent, un petit coup de fouet aux orties fait le plus grand bien ? Rassurez-vous, on n'est pas allé jusque-là.

 

 

 

 

 

 

 

Aïe, voici une action risquée. Mais tellement unique ! Le pouvoir utrticant de l'ortie est également antirhumatismal, raison de plus pour y aller sans les gants.

19 avril : la cueillette du thym

Le thym se cueille par temps sec au printemps, lorsqu'il est fleuri, cette année depuis début avril. C'est à ce moment-là qu'il concentre le meilleur de ses principes actifs. Cette plante miracle -bonne pour la digestion, la respiration, les sinus...-,  on a la chance d'en trouver tout autour de chez nous. On cultive également une variété cousine, le thym citron, dont la floraison est plus tardive.

Le parfum du thym est caractéristique de cette garrigue qu'on affectionne au printemps. Pour le récolter nous veillons à ne pas l'amputer de plus d'un tiers de son volume et/ou jusqu'à la moitié de sa hauteur. Le plant sauvage ne rechigne pas à ce qu'on l'entretienne ainsi. Une coupe plus sévère est cependant à proscrire car elle hypothèque sa capacité à se reformer pour l'année prochaine, voire l'année d'après. Pour cette raison, il faut noter sur un plan, en l'occurrence une carte IGN au 25/1000e, les endroits où les passages ont été effectués. Cette notation sera également révélée au contrôleur de la société Ecocert lors de sa visite de renouvellement annuel de la certification AB.

Au retour de la cueillette, direction le séchoir qui reçoit déjà les boutons et feuilles d'aubépine récoltés trois jours avant. Avant un nouveau départ vers la mélisse cultivée et les fleurs de sureaux qui commencent à s'ouvrir.

9 avril : le printemps se confirme

 

 

Avril est particulièrement chaud, cette année. Les premières cultures se développent rapidement. Ici au premier plan une terrasse d'ail.

 

Les pruniers reines-claudes sont en fleur, les premières patates enfouies dans le sol, les terrasses de la mélisse et de la menthe attendent nos mains expertes pour arracher les herbes qui les entourent. Pas mauvaises, ces herbes, contrairement à ce qu'on dit. Au contraire, elles sont le signe que la vie s'installe au jardin, abritant toute une série d'insectes qui trouvent là nourriture, premières amours, ombrage et gîte nocturne.

18 mars : éclosion générale

On ne résiste pas à l'appel du printemps et ses moments toujours très photographiques. Voici la terrasse qui recevra cette année des oignons doux, sous la maison, juste derrière le joli griottier du premier plan. En jaune, deux vieux forsythias rayonnent en cette saison qui se réchauffe.

Début mars : le repiquage des fraisiers

Nos variétés, leurs saveurs


Les fraises, tout le monde en mange, en général dès le mois de février pour les impatients... qui sont évidemment déçus par la médiocrité du fruit. Car avant de donner le meilleur de lui-même, il doit avoir reçu son plein de soleil. Aussi chez nous, pas de fraises avant le 1er juin. Cultivées en plein champ, elles sont un peu moins précoces que celles qui poussent dans des serres, procédé que nous refusons pour ne pas enlaidir le paysage. Nos variétés sont issues d'une pépinière située dans le Maine-et-Loire, spécialisée depuis des lustres dans la fraise bio de qualité.

Nous avons choisi des variétés remontantes : mara des bois et gento nova. Ma première est la star des étals, dont le plant produit régulièrement de juin aux gelées en diffusant un arôme des bois caractéristique. Sa réputation est pourtant un peu exagérée. C'est surtout parce que ses conditions de culture faciles soulagent le jardinier qu'on en a fait un produit marketing. Ma deuxième, la gento nova ou nova gento selon les sources, est incomparablement plus raffinée. Mais son problème principal réside dans son caractère éphémère. A peine cueillie elle doit être mangée, sous peine de se réduire en bouillie dans les quatre heures ! Impossible de la retrouver dans des magasins, donc, c'est pourtant de loin la meilleure variété qu'on ait eu le droit de goûter.

Pour les variétés non remontantes (qui produisent en quantité mais en une seule fois, pendant environ un mois), notre choix s'est porté sur la garriguette, la ciflorette et la manille. Trois fraises charnues et jolies, acidulées mais pas trop, souvent juteuses et sucrées.

Gros plan sur la verveine, de la récolte à la mise en sachets

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A découvrir : un bel

article de Vent Sud

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